This is somewhere to be. This is all you have, but it's still something. Streets and sodium lights. The sky, the world. You're still alive.
Et si la folie devenait votre meilleur outil pour découvrir la vérité ? Disco Elysium : The Final Cut risque de vous surprendre. Ce RPG narratif du studio estonien ZA/UM ne ressemble à aucun autre. Il bouscule vos attentes, joue avec vos émotions et explore la folie sous un angle inédit.
Dans ce jeu, vous incarnez un policier amnésique, perdu dans une ville en crise. Après une nuit de débauche, il se réveille sans souvenirs, ni identité. Aux côtés de Kim Kitsuragi, un collègue stoïque, vous devez résoudre un meurtre dans une ville au bord du chaos : Révachol.
Chaque choix compte. Vos décisions façonnent ce héros brisé, pour le meilleur ou pour le pire. Disco Elysium n’est pas qu’un jeu : c’est une expérience unique, qui mêle enquête, philosophie et introspection. Avec une note de 89 sur Metacritic, il s’impose comme l’un des meilleurs jeux de tous les temps. Prêt à plonger dans cet univers ?

Une aventure disco et immersive
La véritable force de Disco Elysium réside dans sa narration. A travers des dialogues riches et passionnants, il peut pourtant sembler difficile de savoir où nous mène réellement le jeu au départ. Outre l’enquête principale, notre personnage principal cherche aussi à retrouver la mémoire. Toute la subtilité réside donc dans les choix de nos réponses, de nos phrases. Quitte à en vexer certains ou à se rapprocher d’autres personnages. Chaque phrase a son importance. Dans cet univers fictif dont l’identité s’apparente à l’ambiance néo-noire, on est marqué par la mélancolie du jeu.
D’ailleurs la narration est loin d’être linéaire et les réussites de nos choix se situent dans les caractéristiques que l’on aura décidé de développer. Nous créons notre propre personnage. Donc, à vous de décider si vous voulez incarner un flic raciste et misogyne, un ultra-libéraliste, un révolutionnaire ou encore un flic désolé. Pour ma part, j’ai embrassé cette dernière identité. Celle qui me correspondait le plus. Les discussions avec les PNJ ont toutes un intérêt. Pas une seule fois, l’un des personnages ne m’a semblé inutile. Car c’est par le biais de dialogues avec eux que nous avançons dans l’histoire. Dans Disco Elysium toutefois, il faut être conscient que nous n’aurons pas de guide pour nous tenir par la main. Il est possible de rater des choses importantes, si la curiosité et l’exploration ne font pas partie de vos qualités.

La ville de Revachol
L’intrigue se déroule dans la ville fictive de Revachol, une métropole décatie, marquée par les conflits entre ouvriers et une élite qui profite de la classe ouvrière. Dans ce lieu empli de désillusion, un homme est pendu dans l’arrière-cour d’un motel. Pourquoi, comment, par qui ? A nous de mener l’enquête en plus de nous trouver nous-même. Car à chaque coin de rue, il y a l’espoir peut-être de retrouver des fragments de sa propre identité.
Chaque discussion, chaque description nous immerge dans une ville qui nous laisse un souvenir mélancolique. On se prend même d’affection pour ce lieu dont l’architecture, les couleurs, les habitants, nous laissent un souvenir indélébile. L’ambiance brille aussi par sa musique signée par le groupe anglais Sea Power qui nous accompagne tout au long du jeu. Grandiose, mélancolique, nostalgique, la bande-son apporte une identité unique à Revachol. Elle reflète cette ville marquée par les stigmates de révolutions passées. C’est un cadre où les tensions se dessinent à chaque coin de rue mais qui pourtant nous donne à philosopher. Les habitants de cette triste ville vivent dans un mélange d’amertume et de désespoir face à un présent sans issue. Les différentes factions, communistes, ultralibérales, ou fascistes, incarnent des idéologies extrêmes qui reflètent la lutte constante de chacun pour survivre.

Un jeu de rôle immersif
Contrairement aux RPG traditionnels qui mettent l’accent sur le combat, Disco Elysium se concentre sur le développement de la personnalité de notre protagoniste et ses interactions avec les autres. Chacun dispose d’une feuille de personnage à la manière d’un roleplay divisée en quatre grands critères : intellect, psyché, physique et motricité. A travers le lancer de dés, nous débloquerons ainsi certains dialogues ou certaines actions utiles à l’avancée de l’enquête. A nous de choisir notre chemin. Sommes-nous du genre à privilégier la force au détriment de l’intelligence ? Ou plutôt serons-nous un excellent orateur et manipulateur au détriment de ne pas réussir à sauter d’un toit.
Et puis, il y a ces voix, qui nous accompagnent dans le jeu. Venues de nulle part, ou de notre tête très certainement, elles nous guident parfois dans des directions qu’on n’a jamais voulu. Les écouterez-vous ou vous affirmerez-vous face à elles ? Ces voix deviennent familières et résonnent encore aujourd’hui lorsque je pense au jeu. Fait-on face à un personnage schizophrénique ? L’histoire ne nous dit rien sur la condition psychique du personnage. C’est à nous d’accepter ces voix ou de les réfuter.

Des personnages ambivalents : Harry et Kim Kitsuragi
Harry Du Bois : le flic déchu
Harry Du Bois, comme nous l’apprendrons plus tard, est le nom de notre protagoniste principal. C’est l’incarnation du flic dont la vie est un échec. Désespéré, bourru, alcoolique. L’inspecteur de police est un triste cliché sur pattes. Son côté autodestructeur, sa mélancolie, ses comportements limites, font pourtant de lui un personnage véritablement intéressant. Loin du héros classique, c’est un raté. Et il peut rester un raté, si on le décide. Vulnérable, faillible et pathétique, à nous d’en faire ce que l’on veut. En effet, ces failles le rendent profondément humain. Il nous ressemble. Ou il ressemble à des connaissances, des personnes que l’on a connu. Harry n’est pas un héros. Nous non plus.
Kim Kitsuragi : le flic rationnel
Kim Kitsuragi, le partenaire de Harry, est l’incarnation du bon flic. Toujours droit, mesuré et compétent, c’est le partenaire idéal. Il est à la fois opposé et complémentaire à Harry. Leur relation évolue tout au long du jeu et encore une fois, c’est à nous de choisir la tournure qu’elle prendra. Deviendrez-vous camarades ou persuaderez-vous Kim que vous êtes indigne de confiance ? Plus qu’un simple compagnon de jeu, Kim est le reflet des choix du protagoniste. Mais qu’à cela ne tienne, cela ne l’empêche pas d’avoir ses propres opinions et ses propres volontés qu’il n’hésitera pas à nous partager tout au long de cette aventure.
Conclusion : une œuvre novatrice difficile à oublier
Avec Disco Elysium, ZA/UM offre de l’art narratif et sort des sentiers battus en évoquant des problèmes sociaux réalistes et sans langue de bois. Entre une écriture riche, un univers touchant et la mécanique de jeu de rôle Disco Elysium est une expérience transcendante.
🟢 On aime :
- Des personnages superbement écrits et haut en couleur
- Une histoire captivante qui nous maintient en haleine
- Une direction artistique unique accompagnée par la musique bouleversante de Sea Power
🔴 On aime moins :
- Difficile de savoir dans quelle direction aller pour avancer dans l’histoire
- Le risque de passer à côté de plein d’éléments importants


Luisa
10 août 2025 at 0h42Very good article. I certainly appreciate this site. Keep writing!
Manue Moon
5 décembre 2025 at 18h36Thanks Luisa 🙂